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Lettre ouverte à Madame Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé de la Jeunesse et des Sports
Madame la Ministre,
La Coordination Nationale Infirmière CNI, syndicat professionnel infirmier, composée d’adhérents issus de toute la filière infirmière (étudiants, infirmiers, infirmiers spécialisés, cadres de santé, cadres supérieurs de santé et directeurs de soins) exerçant en établissements publics, privés, libéraux ou en fonction publique territoriale, souhaite réagir suite aux éléments avancés par le rapport de la Haute Autorité de Santé concernant l’évolution du décret de compétences infirmier. ...
Nous sommes bien conscients de la nécessaire évolution des professions de santé et c’est pourquoi nous ne nous inscrirons pas dans la contestation et le rejet total de cette mesure.
Cependant, cette étape représente une page importante de notre histoire à laquelle nous exigeons l’association et la concertation des professionnels concernés.
Afin d’apporter une réponse structurée, nous vous informons qu’une consultation est en cours au sein de nos Coordinations Locales et que ce sujet est inscrit à l’ordre du jour de nos prochaines Universités d’été qui auront lieu en septembre.
Nous souhaitons néanmoins d’ores et déjà affirmer notre incompréhension face à la soudaine urgence à légiférer sur ce dossier alors que :
- Nous attendons depuis la lettre de cadrage du 25 juillet 2007, les réunions de travail pour une réelle intégration de la filière infirmière dans le système LMD.
- Nous attendons les rapports d’enquête des Inspections Générales dont la communication est reportée, mois après mois.
- Nous attendons la définition exacte de cette licence : est-elle professionnelle ou, comme la profession et la Coordination Nationale Infirmière CNI le souhaite, universitaire ?
Pourquoi vouloir faire paraître des projets de Loi à l’automne alors même que les élections du 1er Conseil National de l’Ordre Infirmier auront lieu en novembre ?
Peut être est-il nécessaire effectivement de refondre nos textes, mais la priorité n’est-elle pas de définir la base en concertation avec les acteurs de soins ?
Qui sera l’infirmière de demain ?
Une collaboratrice du médecin ? Une coordonnatrice de soins ? Reste-t-elle une auxiliaire de Santé ?
Aborde-t-on cette thématique avec pour seul but de gérer la problématique de pénurie médicale ?
Sans minimiser l’importance de ce dossier, il nous paraît préjudiciable à la profession mais également à la prise en soins de l’usager de ne pas prendre le temps de la concertation.
Pourquoi ne pas reconnaître la profession comme le maillon indispensable de la chaine des soins, y compris dans la construction de l’offre des soins de demain ?
Au-delà de la reconnaissance qui nous est due, cela pourrait également être générateur d’économie à long terme.
Peut-on enfin espérer de votre part une réelle prise en compte du manque d’attractivité de notre profession et la mise en place de mesures concrètes pour limiter la fuite des soignants en exercice mais aussi des étudiants en cours de formation ?
Nous restons bien sûr à votre disposition pour des propositions concrètes : revendications salariales mais également d’amélioration des conditions de travail, d’évolution de la profession (LMD et gestion de la fin de carrière).
En ce sens, nous demandons à faire partie des organisations que vous auditionnerez dans le cadre des réformes en cours.
Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de mes respectueuses salutations.
Nathalie Depoire, Présidente Coordination Nationale Infirmière CNI
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