La douleur des infirmières, « bons petits soldats » des soins |
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| Écrit par La Croix | |||||||
| 06-01-2009 | |||||||
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Tout en pensant aux familles des deux enfants
décédés à l’hôpital durant les fêtes, beaucoup d’infirmières estiment
qu’elles auraient pu commettre les mêmes erreurs que leurs collègues Ses toutes premières pensées vont à ces deux enfants et à leurs familles. « Il n’y a rien de plus dramatique qu’un enfant qui meurt dans un hôpital à cause d’une erreur. Rien ne peut réparer cela », reconnaît Brigitte (1), infirmière dans un service de pneumologie parisien. « Mais on pense aussi beaucoup aux deux collègues, qui ont commis ces erreurs. Sans les connaître personnellement, on se sent très proches d’elles. Et on sait que, demain, cela peut très bien nous arriver », ajoute cette soignante expérimentée. Un sentiment partagé par Élisabeth, qui travaille dans un service de pédiatrie dans l’est de la France. « On se dit qu’on pourrait être à leur place. Aujourd’hui, c’est leur vie, à elles aussi, qui est démolie. S’il m’arrivait la même chose, je ne sais pas si je serais capable de continuer à faire ce métier. » Le conditionnement des médicaments en cause Le 24 décembre, il y a d’abord eu la mort du petit Yliès, 3 ans, consécutive à une erreur dans l’administration d’un médicament. Une semaine plus tard, c’est cette fois un nourrisson de 6 mois, Louis-Joseph, en attente d’une greffe d’intestin, qui a succombé après une erreur de dosage dans une perfusion, commise par une aide-puéricultrice et validée par une infirmière. Deux erreurs humaines et deux morts d’enfants. Le bilan est lourd, terrible même pour une profession dont la vocation, comme le souligne Brigitte, est de « prendre soin de l’autre ». Ces infirmières ne cherchent pas à nier la responsabilité de leurs deux collègues. « Des erreurs, qui n’auraient pas dû arriver, se sont produites. Et il est normal que la justice fasse son travail. Mais dans les deux cas, ces infirmières ont reconnu leur erreur et il n’y avait pas lieu de les traiter comme des criminelles, comme cela a été le cas avec la garde à vue prolongée de notre collègue de Saint-Vincent-de-Paul », estime Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale infirmière. Ces deux accidents sont surtout venus rappeler qu’en matière de soins, le risque zéro n’existe pas. « Il y a un travail à faire sur le conditionnement des médicaments ou la lisibilité des étiquettes. Car il est vrai que certaines présentations ou ampoules se ressemblent. Bien sûr, cela fait partie de notre mission de toujours tout vérifier mais au quotidien, notre travail est fait de nombreuses tâches répétitives et ce n’est pas facile d’être constamment vigilantes », reconnaît Nathalie Depoire. Une "course contre la montre"
PIERRE BIENVAULT, la Croix 05/01/2009
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