Le plan anti-suicide en prison ou Les pyjamas du Désespoir |
|
|
|
| Écrit par CNI | |||||||
| 25-08-2009 | |||||||
|
Le plan anti-suicide en prison ou « Les pyjamas du Désespoir »
En réaction au de plan de prévention du suicide dans les
prisons présenté par Madame le Ministre de la Justice, la CNI Coordination Nationale Infirmière s’étonne
du manque de pertinence de ces propositions.
Malgré les multiples rapports fournis par l’Assemblée Nationale et le Sénat, les
condamnations de l'Europe, et les témoignages émouvants des personnels ou de détenus
VIP, le Ministre de la Justice veut ignorer
les conditions d'incarcération qui cultivent le désespoir parmi les
personnes détenues à savoir :
- la surpopulation carcérale.
- la rupture des liens
familiaux.
- l'insuffisance des
activités proposées aux personnes détenues (formation, professionnelles,
loisirs...).
- le manque
d'information auquel sont confrontées les personnes détenues (information
sur l'état de l'instruction, contact avec les juges, les avocats,...).
- l'insuffisance des effectifs infirmiers dans les UCSA limitant les
temps d'écoute et ne permettant pas à tous d'exprimer leur souffrance.
- une organisation pénitentiaire
réglementant le temps d’interventions
auprès des détenus faisant une tentative de suicide. - l’incarcération de plus en plus fréquente de personnes atteintes de troubles psychiatriques majeures. Concernant les nouvelles mesures annoncées par la Ministre, certaines sont déjà en place depuis longtemps :
- le repérage des détenus vulnérables et la surveillance 24H/24 par
les co-détenus des personnes à risques suicidaires. Les acteurs pénitentiaires
en connaissent déjà les limites et tentent malgré
tout, chaque jour de prévenir avec des moyens plus qu’insuffisants.
Le premier objectif d'un
plan de prévention du suicide doit être de donner à la personne détenue de
l'espoir sur son avenir en apportant régulièrement des informations sur sa
situation pénale...
Le second objectif
devrait favoriser le maintien des liens familiaux (autoriser l'usage du téléphone en Maison d'Arrêt par exemple...).
Le troisième
objectif devrait se centrer sur les activités proposées aux personnes détenues, quelles
soient liées au travail, à la
formation, ou aux loisirs.
Le dépistage des idées
suicidaires devrait compléter ce plan en facilitant l'expression de la
souffrance psychologique auprès des soignants : Cela passe par plus
d'effectifs avec l'ouverture d'antennes médicales spécifiques (CMP ou SMPR) dans tous les établissements. Des bilans réguliers devraient évaluer l’état
psychiatrique et psychologique des détenus, permettant la prise en charge de
ces personnes par des Centres de
soins spécialisés.
D'évidence le recours
trop systématique à l'incarcération notamment en préventif est un des principaux facteurs de risques.
Il faudrait laisser plus de place aux aménagements de peines.
Les mesures annoncées
sont dérisoires au regard des enjeux et du retard considérable que la France a pris en matière de
politique pénale.
Au regard des
problématiques connues de tous et de la réponse ministérielle, il est clair que
le Ministre de la Justice n'affiche pas une grande détermination politique
pour inverser la tendance et n’a pas le goût de l’innovation. Ce qui est
regrettable.
Tant que les conditions d’incarcération seront
humiliantes pour une grande partie des personnes détenues, elles généreront du
désespoir et des idées suicidaires.
Contact
presse : présidence
GSM : 06 64 41 78 65
Powered by !JoomlaComment 3.20
3.20 Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved." |
|||||||
| Dernière mise à jour : ( 09-08-2011 ) | |||||||
| < Précédent | Suivant > |
|---|












