Pourquoi les deux tiers des hôpitaux sont-ils en déficit ? |
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| Écrit par la-Croix.com | |||||||
| 24-12-2010 | |||||||
Lors d’un déplacement mardi 21 décembre à
Avignon, Nicolas Sarkozy a estimé qu’il « n’est pas sain » que les deux
tiers des hôpitaux soient aujourd’hui en déficit. « Nous avons un
contrat de retour à l’équilibre, on le tiendra », a assuré le chef de
l’État, en promettant que le gouvernement continuerait à « investir
dans l’hôpital ». Selon Gérard Vincent, délégué général de la
Fédération hospitalière de France (FHF), ces déficits s’expliquent par
l’insuffisance des crédits alloués aux établissements de santé. Il
dénonce aussi l’amputation des fonds destinés à financer des missions
d’intérêt général.« La situation évoquée par le président de la République n’est pas nouvelle : cela fait plusieurs années qu’environ les deux tiers des hôpitaux sont en déficit. Et le problème est qu’ils ne peuvent guère faire autrement. Les crédits qui, chaque année, sont fixés par le gouvernement et votés par le Parlement dans le cadre de l’Ondam (1) ne permettent pas en effet de couvrir l’augmentation naturelle des charges. Cette situation est aggravée par le fait que le gouvernement, régulièrement, change les règles du jeu qui étaient fixées au départ. Par exemple, il vient de décider, sur les crédits 2010, une amputation de 300 millions d’euros dans l’enveloppe destinée à financer les missions d’intérêt général. Il s’agit de missions que doit assumer un hôpital mais pour lesquelles il n’est pas possible d’appliquer un tarif classique : par exemple les activités de formation et de recherche dans les CHU ou le fonctionnement des Samu. « Les salaires, environ 70 % du budget d’un hôpital » Mais il faut rappeler que les salaires représentent environ 70 % du budget d’un hôpital. Et au bout d’un moment, le seul véritable moyen de réduire le déficit est de s’attaquer à l’emploi. Ces dernières années, les hôpitaux ont été contraints de supprimer un certain nombre de postes, sans toucher heureusement à la qualité des soins. « A terme; un hôpital qui n’investit plus est condamné » Ou alors, il faut demander clairement aux directeurs de continuer à tailler dans les emplois avec le risque, cette fois, qu’on touche à la qualité des soins et aux conditions de travail du personnel. Un autre problème à ne pas négliger est le fait que ces déficits entraînent une diminution des marges permettant aux hôpitaux d’investir. Et compte tenu du progrès médical, un hôpital qui n’investit plus est condamné à plus ou moins long terme. » Recueilli par Pierre BIENVAULT (1) Objectif national des dépenses d’assurance-maladie. Source : la-Croix.com
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