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L'hôpital doit recruter pour assurer son avenir

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Écrit par Ma Ville.com   
02-12-2008

Il a été sous le feu de l'actualité au printemps avec les inquiétudes pour son service de psychiatrie. Aujourd'hui, comment se porte l'hôpital ? Éléments de réponses avec le directeur, Michel Deshayes.

Un hôpital bien noté. En septembre, quatre experts de la Haute autorité de santé sont passés à l'hôpital de Redon. Verdict ? Sur 306 cotations, 88 % sont en A ou en B. De quoi conforter Michel Deshayes, directeur de l'hôpital depuis 2005 : « Les experts ont relevé deux actions remarquables dans le domaine de la communication et de la prise en charge des escarres. » Seul bémol, la prévention, l'évaluation et la prise en charge de la douleur.

Pas d'inquiétudes pour la maternité. Avec Carhaix, Redon est le seul hôpital de Bretagne géographiquement isolé.

La maternité de Centre-Bretagne a longtemps craint de devoir fermer. Et ici ? « Il n'y a pas d'inquiétudes à avoir. Carhaix, c'est 245 naissances par an. Redon, c'est 800 naissances»

L'actuel schéma régional d'organisation sanitaire ne remet pas en cause l'avenir de la maternité de Redon. « A condition de maintenir les effectifs médicaux. Nous avons trois gynécologues obstétriciens actuellement. Et je ne désespère pas d'en recruter un quatrième. »

Des soucis de recrutement. C'est le problème majeur et récurrent de l'hôpital de Redon. « Un quart de notre effectif médical est vacant. Cela ne veut pas dire qu'il nous manque un quart de personnel mais les effectifs sont complétés par des médecins remplaçants. »

Pas facile d'attirer de jeunes spécialistes quand on n'est pas estampillé hôpital universitaire et que l'on ne dispose pas de l'éventail de toutes les spécialités. L'équilibre reste précaire. La preuve, c'est le départ de deux médecins de l'unité de psychiatrique qui était à l'origine des menaces de fermeture du service.

Des coopérations à développer. Pour maintenir un maximum de services, le directeur de l'hôpital souhaite jouer à fond la carte de la coopération. En premier lieu avec Rennes. « Nous accueillons déjà des praticiens rennais pour l'urologie, la gastro-entérologie, la chirurgie digestive et la neurologie », détaille Michel Deshayes. Son rêve ? « Que des patriciens redonnais se rendent au CHU de Rennes pour participer à des staffs. »

Un budget toujours déficitaire. Pour faire fonctionner l'hôpital, il faut 40 millions d'euros par an. « La part majeure vient de la tarification médicale. En clair, nous sommes rémunérés à l'activité », explique Michel Deshayes. D'où l'intérêt de rester attractif.

Comme beaucoup d'hôpitaux, celui de Redon est déficitaire. « Le déficit s'élève à 980 000 € mais nous souhaitons parvenir à l'équilibre en 2012. Sans perdre sur la qualité du service. » Cela passera, entre autres, par des recrutements sur le quart de poste vacant car « un titulaire coûte moins cher qu'un remplaçant ».

Une activité soutenue aux urgences. L'activité ne faiblit pas aux urgences. « De 14 000 passages en 2004, nous sommes aujourd'hui à 18 000 passages par an. Avec des week-ends chargés. Il y a bien sûr les accidents de sports ou de bricolage mais aussi des cas liés à l'alcool, la plaie de la Bretagne. »

Problème, les temps d'attente s'allongent. « Les urgences, c'est la facilité quand on ne trouve plus de médecin de garde. » Un projet de maison médicale de gardes est d'ailleurs dans les cartons pour juguler cette hausse constante.

Des projets. Trois gros chantiers sont en cours, tous dans le domaine de la santé mentale. D'abord, la rénovation du foyer occupationnel Camille-Claudel, rue Lesage. Ensuite, la construction d'un centre médico-psychologique, rue de Galerne, destinée à des consultations. Enfin, celle de l'hôpital de jour Saint-Paul (12 places), à côté de l'hôpital. « Ces deux derniers services se trouvent actuellement rue des Nouies. Nous voulons les rapprocher du centre-ville. »

Selon le directeur, quelques services de l'hôpital sont à rafraîchir, « à commencer par la maternité pour asseoir sa dynamique. » Reste un gros point noir, le stationnement : « Une réflexion va être lancée pour trouver de nouvelles possibilités aux abords de l'hôpital. Mais nous devrons également réguler nos entrées. »

Philippe MATHÉ.

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