Les infirmiers libéraux dans les rues de Lille
PROPOS RECUEILLIS PAR THIBAULT DUPONT >> Le syndicat majoritaire
au sein de la profession appelle à se rassembler pour protester contre
l’augmentation du prix de l’essence et demander des ajustements. En
tant que professionnels de la santé, nous sommes obligés de nous
déplacer chez les patients et la hausse du prix des carburants à la
pompe va plomber notre chiffre d’affaires.
Que réclamez-vous ? >> D’abord, nous demandons l’équité entre les professions de la santé. Les kinés font payer leurs déplacements 4 E, les médecins généralistes peuvent demander 10 E et nous, seulement 2,20 E.
Ce n’est ni normal ni juste. Nous voulons que les tarifs soient les
mêmes pour toutes les activités, il n’y a pas de raisons qu’il en soit
autrement. Nous militons également pour un allégement fiscal, une fois
encore, au même titre que de nombreuses autres professions. Dans cette
optique, c’est Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, que nous
interpellons, mais aussi le président de la République.
En moyenne, combien de kilomètres par jour effectue un infirmier libéral ? >> On
ne peut pas raisonner en terme de kilomètres. Mais en moyenne, nous
couvrons un périmètre de 5 à 10 km² et nous réalisons une cinquantaine
de déplacements par jour. Pour cette année, je n’ai pas encore fait le
calcul mais ça va forcément jouer. Heureusement depuis plusieurs
années, les infirmiers investissent au maximum dans des engins qui
consomment le moins possible. Nous attendons avec impatience la
commercialisation de nouveaux types de véhicules.
Comment gagner en médiatisation face à des mouvements comme celui des routiers ? >> Aujourd’hui,
nous traversons Lille à pied, vélos ou trottinettes, de la préfecture
jusqu’à la CPAM. Nous ne sommes pas des casseurs. Nous sommes au
commencement du mouvement et nous espérons que le fait de manifester
calmement nous aidera à être écoutés plus facilement. Si personne ne
prend le temps de discuter de ces enjeux avec nous, on devra durcir la
manière de protester, mais ça serait dommage.
Routiers,
chauffeurs de taxis, infirmiers... Les problèmes de carburants sont les
mêmes pour de nombreux professionnels. Envisagez-vous de manifester
tous ensemble ? >> Comme je vous l’ai dit, nous sommes au
début de notre mouvement mais pourquoi pas ? C’est vrai qu’ensemble on
serait plus fort et tout le monde aurait une plus grande visibilité. Si
personne n’est écouté, l’alliance s’imposera, inévitablement. On sent
bien que tout le monde en a marre, même si tout le monde ne se mobilise
pas encore complètement, les gens en ont ras-le-bol. D’ici à l’automne,
je pense que ça va faire l’effet d’une cocotte minute. Ça chauffe, ca
chauffe à l’intérieur et tout d’un coup ça explose. •
Nord Eclair 19 juin 2008
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