Licence-Master-Doctorat et professions paramédicales |
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| Écrit par Droi-medical.com | |||||||
| 27-10-2008 | |||||||
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Il y a un an que le ministre de la santé et le ministre de la recherche ont missionné l'Inspection générale des affaires sociales, l'Inspection générale des finances et l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche concernant l'évolution des systèmes d'enseignement actuels vers une formation du type Licence-Master-Doctorat (LMD) pour les professions paramédicales et pour les sages-femmes, seule profession médicale dont la formation ne débouche pas sur un doctorat. Il est amusant de lire cette lettre de mission et de constater que des membres du gouvernement insistent sur "le contexte actuel de besoins toujours accrus de soins, sous l'effet notamment du vieillissement de la population, et de départs à la retraite de nombreux des professionnels de santé dans les prochaines années, nécessite de réfléchir sur l'attractivité des métiers sanitaires". Face au découragement exprimé par de nombreux médecins et chirurgiens-dentistes, il faut noter l'intérêt porté à ne pas décourager les paramédicaux et les sages-femmes. Le transfert des tâches, censé permettre de réaliser des économies de santé et pallier le déficit dû à une gestion économique du numerus clausus des professionnels médicaux, doit s'accompagner de mesures donnant envie aux infirmiers, aux orthophonistes, aux orthoptistes, aux audioprothésistes, aux psychomotriciens, aux manipulateurs d'électroradiologie médicale, aux ergothérapeutes, aux masseurs-kinésithérapeutes, aux pédicures-podologues, etc. de s'investir. La perspective d'obtenir le titre de docteur ne devrait pas manquer de motiver certains étudiants et permettrait, de façon très démagogique, de cultiver une confusion quant aux compétences des uns et des autres.
Le rapport intitulé "Évaluation de l'impact du dispositif LMD sur les formations et le statut des professions paramédicales"
vient d'être rendu public. Il est favorable à la mise en place du LMD,
encore appelée "mise en oeuvre du processus de Bologne". Pour les
auteurs de ce travail, il n'y a quasiment que des avantages à
l'adoption de ce projet. Selon eux, il permet "l’amélioration de la
qualité de l’enseignement et du contenu des formations ; le partage
entre professionnels de différentes filières d’un certain nombre
d’enseignements notamment en économie, éthique et sciences humaines,
afin qu’ils acquièrent un langage et une culture communs ; le
décloisonnement des différentes filières d’études médicales et
paramédicales en permettant l’instauration de passerelles grâce à la
validation des crédits ECTS [European credits transfer system, NDLR] ;
la sensibilisation des professionnels à la recherche documentaire et à
l’analyse de publications ; la conception de formations de niveau
supérieur (masters 1 ou 2) permettant aux professionnels d’évoluer vers
des compétences plus étendues en matière de soins et de pratiques de
santé publique et d’accéder ainsi à de nouveaux métiers ; la
possibilité pour les professionnels de santé de s’engager, avec la mise
en place d’un doctorat, dans un parcours d’enseignement et de recherche
en soins, et par là même le développement en France d’une recherche
clinique actuellement quasi inexistante ; l’ouverture, enfin, du
dispositif de formation sur l’espace européen et la facilitation des
échanges dès la formation initiale". Dans quelques années, les seuls personnels à ne pas pouvoir revendiquer le titre de docteur ou à ne pas être en mesure d'intégrer la carrière médicale plus facilement seront les agents d'entretien et les aides soignants. Peut-être faudrait-il réfléchir dès maintenant à ce problème qui ne manquera pas d'être considéré, par certains, comme de la discrimination… Droit-medical.com 22 octobre 2008
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