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Manifestation lors de la venue de Roselyne Bachelot
Bachelot, si tu savais, ta réforme où on se la met…" C'est
sous les sifflets et les cornes de brume qu'a été accueillie Roselyne
Bachelot, hier matin, devant le Pasino. La ministre de la Santé, qui
venait ouvrir un congrès de psychiatrie, n'a pas eu un regard pour la
centaine de manifestants, venus des quatre coins du département et même
de Digne. Ces agents hospitaliers (CGT, Sud, Coordination nationale
infirmières), appuyés par des collectifs d'usagers, étaient venus dire
tout le mal qu'ils pensent du projet de loi "Hôpital, patients, santé,
territoire".
À l'extérieur, pendant plus d'une heure, se sont
succédé au micro les représentants de différents établissements pour
établir des diagnostics plus alarmistes les uns que les autres.
Toujours les mêmes soustractions douloureuses de chiffres: des budgets
partout en déficit, des postes en moins et le spectre de la
prépondérance du secteur privé, bien doté dans le plan 2012, qui hante
les esprits. "À Martigues, on nous a supprimé 40postes, tous les CDD ont été dégagés", dit l'un. "À Digne, on craint la disparition de la maternité", dit une autre.
"À
Édouard-Toulouse, dans le cadre d'un plan de retour à l'équilibre, on
veut nous faire passer à des rythmes de douze heures. Travailler douze
heures d'affilée en psychiatrie, alors que l'on est censé être
disponible, c'est entériner le gardiennage, appuie Margot Jamjotchian (Sud). À force d'avoir des conditions de travail dégueulasses, le service est dégueulasse."
"Qu'on arrête de dire que l'on n'est pas compétent, que l'on n'est pas
organisé, on ne nous donne tout simplement pas les moyens de travailler", poursuit Jean-Marie Douville, représentant CGT de l'AP-HM Sud. "C'est la fin de l'AP-HM, poursuit un représentant des collectifs d'usagers. Le pôle mère-enfant, on l'aura jamais; en revanche, on a donné 57 millions d'€ à l'hôpital Euromed."
Même André, représentant CGT du Pasino, et un syndicaliste des Impôts
ont pris la parole pour dénoncer le démantèlement des services publics
en général. N'en jetez plus. Plusieurs délégations syndicales ont été
reçues par des conseillers de la ministre qui a accordé, en personne (lire ci-dessous), un entretien à Maryse Joissains. À la sortie, la CGT n'affichait aucun espoir: "On n'en veut pas de son plan, c'est tout." Certains ont bien tenté d'empêcher le départ de Roselyne Bachelot en bloquant les véhicules alors que la sono crachait On dirait le Sud. Les forces de l'ordre en nombre ont rapidement ouvert la voie. Et la ministre est repartie en chantant un air d'opéra...
Par Alexandra Ducamp la Provence 25 octobre 2008
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