Carhaix : oui à la chirurgie, non à la maternité |
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| Écrit par Ouest France | |||||||
| 03-09-2008 | |||||||
Carhaix : oui à la chirurgie, non à la maternitéC'est la prescription des 53 médecins hospitaliers du Finistère. « L'hôpital de Carhaix ne peut plus travailler seul », soulignent-ils.Les médecins hospitaliers n'avaient pas encore fait entendre leur voix dans le débat sur le devenir de l'hôpital de Carhaix. C'est désormais chose faite. Le projet médical issu des réflexions de 53 praticiens exerçant dans le département du Finistère a été présenté lors d'une conférence de presse, hier à Brest. Objectif : assurer un « avenir pérenne » à l'établissement carhaisien. « Nous n'avons reçu ni conseils, ni consignes », soulignent le professeur Bertrand Fenoll, du CHU de Brest, et le docteur Dominique Lengrand, de l'hôpital de Carhaix. Une manière de dire qu'ils n'agissent pas en service commandé pour le compte de l'Agence régionale de l'hospitalisation, « bête noire » des Carhaisiens, en particulier du maire de la ville, Christian Troadec. Le diagnostic des médecins hospitaliers est sombre. Ils constatent une « fuite des patients » de l'hôpital de Carhaix. « Dans certains services, plus de 80 % des patients préfèrent se faire soigner dans d'autres hôpitaux », indique le docteur Lengrand. À l'origine de cette situation, les difficultés de recrutement en raison de la pénurie de médecins. Pour les praticiens hospitaliers, il est vital de redonner de « l'attractivité » à l'hôpital de Carhaix. Cela ne peut passer que par une coopération renforcée avec les hôpitaux environnants, en particulier le CHU de Brest. « L'hôpital de Carhaix ne peut plus travailler seul », souligne le docteur Lengrand. Maternité non conforme Ainsi, les praticiens hospitaliers préconisent le maintien d'une activité chirurgicale de jour qui préserve le bloc opératoire et son personnel. Mais ils estiment que les urgences nocturnes et la chirurgie programmée lourde doivent être transférées vers les hôpitaux de Brest et de Quimper. Concernant la maternité, autre point sensible, les médecins constatent une « absence de conformité » due au manque de gynécologues, d'anesthésistes et de chirurgiens. En conséquence, ils suggèrent la création d'un centre de périnatalité pour la prise en charge des mamans et de leurs bébés avant et après l'accouchement. Dans ce projet médical, l'effort d'adaptation n'est pas à sens unique. Le renforcement de certaines disciplines est aussi suggéré. Par exemple, un développement des traitements chimiothérapiques au plus près des patients apparaît souhaitable de même que la création d'un laboratoire d'analyses biologiques, l'augmentation des effectifs de radiologues ou encore la création d'une zone d'atterrissage à l'intérieur de l'hôpital afin de faciliter les transferts par hélicoptère. Bref, ce projet médical n'est pas tout à fait celui de l'Agence régionale de l'hospitalisation, qui souhaitait fermer purement et simplement le service de chirurgie et la maternité. Une décision vivement contestée à Carhaix et finalement annulée par le tribunal administratif. « Notre rapport ne fera plaisir ni au directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation, ni au maire de Carhaix », pronostique le professeur Fenoll. Permettra-t-il de renouer le dialogue ? C'est ce qu'espèrent les médecins hospitaliers. Ils souhaitent que leur projet médical soit examiné par le conseil d'administration de l'hôpital. Mais encore faudra-t-il que son président, Christian Troadec, inscrive ce point à l'ordre du jour.
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