Hôpital: "l'argent, il a été mis", assure Nicolas Sarkozy |
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| Écrit par NouvelObs | |||||||
| 09-01-2009 | |||||||
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Nicolas Sarkozy a présenté vendredi ses
voeux pour 2009 aux personnels de santé en excluant d'emblée tous
moyens supplémentaires pour accompagner la réforme de l'hôpital.
"L'argent, il a été mis", a-t-il affirmé à l'Hôpital civil de
Strasbourg, alors que des manifestants réclamaient, dehors, davantage
de personnels.
Devant médecins et infirmières, le chef de l'Etat a dénoncé la "fuite en avant vers toujours plus de moyens" pour l'hôpital. Entre 1998 et 2008, la France en "a augmenté le budget de près de 50%. C'est 23 milliards d'euros de plus", a-t-il souligné, lançant: "Quel est le budget de la nation qui a augmenté de 50% sur les dix dernières années?". Il faut "que cet argent -qui est nécessaire- soit plus efficace, parce que l'hôpital sera mieux organisé", a-t-il martelé, en détaillant le projet de loi Hôpital, patients, santé et territoires qui sera défendu en février au Parlement par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. "Je suis parfaitement conscient de vos difficultés", mais "je ne peux pas simplement dire: plus d'argent, plus de personnels, plus de moyens", a-t-il dit. "L'argent (...), il a été mis. Mais est-ce qu'il est parfaitement utilisé?". Un discours qui risque de ne pas satisfaire les intéressés. Une centaine de manifestants étaient maintenus à distance, alors que l'hôpital de Strasbourg était en grève vendredi pour 24 heures à l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-FO-CFTC-Unsa-Sud. Roland Ries, maire socialiste de Strasbourg, a d'ailleurs accueilli le chef de l'Etat en refusant de "passer sous silence les difficultés de l'hôpital". Car "pour la première fois de ma vie, j'ai fait voter un budget en déséquilibre", a-t-il dit. Il faut "plus de personnel pour un service de soins de qualité, ce qui n'est plus le cas à l'heure actuelle", expliquait de son côté une infirmière CGT qui a requis l'anonymat. "Quand on a une infirmière pour 30 patients, c'est impossible de faire des soins comme on nous demande de le faire", a renchéri Valérie Stocker, étudiante en soins infirmiers qui participait à la manifestation. "On attend du président qu'il arrête de nous dire que l'hôpital public est fait pour faire du profit, on en a marre d'entendre constamment: 'économie, économie, économie, moyens, turn-over'. On veut faire notre boulot correctement". Nicolas Sarkozy a défendu le projet de réforme de l'hôpital, qui prévoit notamment de renforcer les pouvoirs du directeur d'établissement, d'assouplir la gestion des établissements, de développer les relations entre les différents hôpitaux et avec les soins de ville, et de créer des agences régionales de santé. Evoquant la création de "communautés hospitalières de territoire", il a souligné qu'elles permettront "d'éviter les redondances dont nous ne pouvons plus supporter le coût". "L'année 2009, ce n'est pas l'année des annonces", mais "l'année des résultats", a-t-il résumé. Nicolas Sarkozy a ainsi promis "moins d'attente aux urgences, davantage de maisons de santé" et "une meilleure permanence des soins". "D'ici deux ans, nous souhaitons que 90% de la population puisse être pris en charge par une structure d'urgence dans des délais raccourcis", a-t-il ajouté. Il veut pour cela développer les liaisons par hélicoptère pour les services mobile d'urgence et de réanimation, et la télémédecine en milieu rural. Le chef de l'Etat a par ailleurs confié au Pr Jacques Marescaux, du CHU de Strasbourg, la tâche de présider une commission sur la réforme des centres hospitaliers universitaires (CHU). Alors que plusieurs décès liés à des dysfonctionnements ou erreurs humaines sont intervenus ces dernières semaines dans les hôpitaux, Nicolas Sarkozy a rendu un hommage appuyé aux personnels de santé, dénonçant des "polémiques parfaitement déplacées". "Les drames récents sont exceptionnels" et "ne sauraient remettre en cause la confiance que la nation porte à l'hôpital et à ses personnels". Selon un sondage CSA pour "Le Parisien/Aujourd'hui en France", 77% des Français font confiance au système hospitalier et 72% aux urgences des hôpitaux publics en particulier. "Je comprends très bien toutes les demandes qui s'adressent à moi", a lancé M. Sarkozy aux personnels hospitaliers. "Ma façon de les écouter et de les entendre, c'est de venir à votre rencontre" et de ne pas rester à l'Elysée pour "m'incliner devant tous les chapeaux à plume habituels", a-t-il expliqué. Dans l'enthousiasme, il a toutefois pris quelques libertés avec les chiffres: les "près de 300 millions d'euros" consacrés, selon le texte de son discours, au paiement des heures supplémentaires des personnels en 2008, étaient soudainement devenus "400 millions" dans sa bouche. AP
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