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L'installation des infirmières en liberté surveillée
Un accord signé avec l'assurance maladie prévoit
de réglementer l'installation des infirmières libérales, pour mieux les
répartir. Réactions et état des lieux.
Jusqu'alors totalement libres de
s'installer où elles veulent, les infirmières qui ont choisi de
travailler à domicile devront y regarder à deux fois. Et passer sous
les fourches caudines du gouvernement avant de partir piquer ici ou là…
L'accord signé avec la Cnam (caisse nationale d'assurance-maladie)
par les quatre syndicats d'infirmiers libéraux, après plusieurs mois de
négociations, prévoit en effet de limiter leur nombre dans les zones où
ces professionnels, en majorité des femmes, sont les plus nombreux.
L'accord, signé pour deux ans, prévoit aussi des incitations
financières pour l'installation dans des zones sous-dotées.
En contrepartie, les infirmiers libéraux ont obtenu une augmentation de 5,3 % leurs tarifs, à partir d'avril 2009.
« Déjà, en 2007, la profession s'était engagée à une régulation démographique,
explique Marie-Odile Bayart, président du Sniil (syndicat national des
infirmières et infirmiers libéraux), principal syndicat en
Indre-et-Loire. On a été obligés d'en passer par là… pour gagner un
peu plus : le déplacement passera de 2,20 à 2,30 € et on aura cinq
centimes de plus pour l'indemnité kilométrique (0,30 à 0,35 €). Avec
l'essence qui augmente sans cesse, c'est bien peu. »
L'Indre-et-Loire est-il sur ou sous-doté ? Les Missions régionales
de santé devront définir ces zones, dans les deux ans qui viennent. Les
critères de population ne seront pas les seuls critères pris en compte.
« L'offre et la demande de soins change constamment.
L'hospitalisation à domicile (HAD) couvre maintenant tout le
département et il y a beaucoup de centres de soins. Cet accord va
permettre aussi d'y voir plus clair », assure Marie-Odile Bayart.
Les disparités au sein d'un même département pourraient aussi apparaître plus nettement. «
L'Indre-et-Loire n'est ni sur ni sous doté. Mais il existe une grosse
disparité entre l'agglomération et le sud du département, par exemple.
Il faut bien comprendre que la régulation des infirmières va de pair
avec celle des médecins : s'il n'y a pas de médecins pour prescrire, il
n'y a pas d'infirmières… »
On se souvient que l'an dernier, le projet du gouvernement de
réglementer l'installation des médecins avait déclenché une grève très
dure des internes. La ministre de la Santé avait dû abandonner son
projet. Roselyne Bachelot s'est donc félicitée de l'accord passé avec
les infirmiers, salué comme « un engagement inédit des professionnels de santé libéraux ».
Brigitte Barnéoud
La Nouvelle République 17 septembre 2008
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