Les hôpitaux de la région malades de leur budget
Crise financière, fermeture de lits, menace sur les postes, l'inquiétude règne dans les établissements provençaux.
Que se passe-t-il dans les hôpitaux de la région ? Au commencement des
vacances, alors que certains services s'apprêtent à tourner au ralenti
et qu'aux urgences, on rentre dans le rush de l'été, manifestations et
cris d'alarme se succèdent. Peu d'établissements échappent aux
banderoles qui signalent un "hôpital en sursis", dénoncent de possibles
suppressions de postes ou des fermetures de lits.
De Digne à
Martigues en passant par Aix-en-Provence, Manosque, Valréas, Aubagne ou
Marseille, les syndicats se mobilisent et, à l'heure du vote des
budgets, on parle plan de redressement, voire mise sous tutelle.
La vraie situation
"On devrait éviter la tutelle, mais la Chambre régionale des comptes pourrait être saisie pour un ou deux établissements",
déclare Christian Dutreil, directeur de l'Agence régionale
d'hospitalisation (ARH), conscient des difficultés et des inquiétudes :
"La tarification à l'activité, souvent mise en cause, ne concerne
que la médecine, la chirurgie et l'obstétrique. Pour les urgences,
c'est au forfait et l'ancienne dotation globale est toujours en vigueur
pour les soins de suite, la rééducation et la psychiatrie. Mais il est
vrai que la tarification à l'activité, qui est passée de 50% l'an
dernier à 100 % cette année, révèle la vraie situation financière des établissements."
Il ajoute que, "comme dans un ménage, il faut apprendre à dépenser ce que l'on gagne"
et rappelle le déficit de la région Paca en 2007 : 107 millions
d'euros, dont 70 millions pour les deux CHU de Nice et Marseille.
Difficile dans ce contexte d'équilibrer performance et qualité des
soins, alors que, depuis la réforme, l'ARH distribue de moins en moins
de moyens. "Il faut jouer sur l'ensemble des recettes, faire de la pédagogie, développer l'activité et ne rien négliger."
Pour
le codage, par exemple, ce tarif appliqué en fonction de l'acte, si la
nomenclature est mauvaise, l'hôpital encaisse moins. Il cite aussi les
dépenses de personnels, notamment les CDD : "Il faut être réaliste, on ne peut pas payer deux personnes sur un même poste."
Réaffectation
L'organisation et l'efficience, notamment dans la mise en place des
pôles de santé dont la mécanique n'est pas encore rodée, constituent
pour Christian Dutreil un volet important dans la gestion de l'hôpital.
"Nous ne sommes pas la meilleure région dans ce domaine, il y a
encore des secteurs, notamment des blocs opératoires avec beaucoup de
moyens et peu de résultats", déclare-t-il, avant d'annoncer des audits en cours.
Il tempère, aussi les inquiétudes, comme à Aix où "avec quelques mesures de redressement, l'hôpital devrait arriver en équilibre" et à Digne : "La
pédiatrie ferme, il y a deux lits, mais on récupère le personnel et si
un enfant doit être hospitalisé, on trouve un lit dans les services,
c'est plutôt une réaffectation."
La Provence 8 juillet 2008
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