Les infirmières d'Avignon ont été en partie relaxées
La cour d'appel de Nîmes n'a pas retenu l'empoisonnement
Larmes de soulagement, embrassades et accolades passionnées ont ponctué
l'annonce du délibéré de la cour d'appel de Nîmes hier matin, dans
l'affaire des infirmières d'Avignon. Vanessa Constant, Laurence Claudon
et Marie Sanchez ont pourtant été reconnues coupables de "dégradation
grave commise en réunion" et "harcèlement moral". Elles écopent
respectivement de six, quatre et trois mois de prison avec sursis. Mais
elles ont obtenu gain de cause sur le chef d'inculpation qui leur
tenait le plus à coeur, à savoir l'empoisonnement de leurs supérieurs
hiérarchiques entre 2003 et 2006.
La cour d'appel de Nîmes a
considéré qu'aucun élément tangible ne venait prouver l'administration
d'anxiolytiques, de diurétiques et de psychotropes dans les yaourts et
cafés de Mmes Oberlin et Grandoni. Elle a donc décidé de les relaxer
partiellement et d'annuler l'interdiction d'exercer prononcée par le
tribunal correctionnel d'Avignon en juillet dernier. "C'est la relaxe!" se réjouissait Vanessa Constant. "Quand on est innocent, c'est très important d'être reconnu comme tel. Je n'ai jamais voulu de mal à personne." Même satisfaction du côté de Marie Sanchez, également relaxée pour le harcèlement moral sur Mme Grandoni.
Et pour cause, elle n'était plus employée à l'hôpital d'Avignon à cette
époque. Cela ne l'empêche pas de devoir payer, solidairement avec ses
deux co-accusées, les dommages et intérêts dus aux parties civiles.
Soit 3000et 2000€, auxquels s'ajoutent 2000€ de frais de justice. En
revanche, elles ne doivent rien à l'hôpital d'Avignon dont la
constitution de partie civile a été rejetée. "Je suis soulagé pour
mes clientes car elles peuvent enfin mettre un nom et une origine sur
l'une des plus sales périodes de leur vie," déclarait hier Me Marc Geiger, avocat de Mmes Oberlin et Grandoni.
Pour lui, le soulagement des infirmières prouve qu'elles "l'ont
fait mais ne voulaient pas être embêtées". "La Cour a dû considérer que
l'administration de médicaments s'intégrait au harcèlement moral. En
effet, personne n'a jamais dit qu'elles avaient la volonté de détruire
leurs supérieurs." Rappelons enfin que Laurence Breuil,
aide-soignante mise en cause pour les dégradations, n'avait pas
interjeté appel de la décision avignonnaise.
La Provence, 14 juin 2008
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