Les infirmières s'inquiètent de la perte de certaines missions
Un article de loi prévu à l'automne au Parlement prévoit une
dérèglementation qui aboutirait à confier certaines tâches non plus à
des infirmières mais à des personnes "moins qualifiées, moins formées
et moins payées", posant des problèmes de qualité et de sécurité des
soins.
Une éventuelle réglementation prévue par un
article présenté à l'automne au Parlement, a provoqué l'inquiétude
d'une intersyndicale infirmière, lundi 21 juillet. L'article aboutirait
à confier certaines tâches de cette profession à des personnes "moins
qualifiées, moins formées et moins payées", posant des problèmes de
qualité et de sécurité des soins.
Lors d'une conférence de presse, les organisations syndicales
d'infirmières des secteurs public et libéral (CFDT, CFTC, CNI,
Convergence, FNI, FO, Onsil, Snics-FSU, SNPI-CGC, Sud, Unsa,
Ufmict-CGT) ont exprimé leur refus de voir modifiée par arrêté la liste
des actes infirmiers, comme le prévoit un article qui pourrait figurer
dans le projet de loi "Patients, santé, territoire" prévu à l'automne
au Parlement.
Une remise en cause de la "sécurité des soins"
Dans un contexte de réduction des dépenses et de pénurie
professionnelle (50% des 500.000 infirmières partiront en retraite
d'ici 2012), l'intersyndicale, qui critique le "manque de concertation"
du gouvernement, demande le retrait de cet article du projet de loi et
l'ouverture de négociations.
"Une telle dérèglementation va poser souci au niveau de la qualité et
surtout de la sécurité des soins. On ne peut pas répondre à la pénurie
par la déqualification", a prévenu le président de la Fédération
nationale des infirmiers (FNI), Philippe Tisserand.
Contrairement aux aide-soignantes ou aux auxiliaires de vie,
l'infirmière a "toute compétence pour détecter des erreurs de
prescription", selon la FNI.
"Moins qualifiées, moins formées"
Craignant de voir des missions (soins de toilette, distribution de
médicaments, etc.) confiées à des personnes "moins qualifiées, moins
formées et moins payées", les infirmières veulent obtenir la
reconnaissance de toute la profession au niveau Bac+3 et l'affirmation
de la "place centrale de l'infirmière au coeur du système de santé
publique".
"Le gouvernement doit s'occuper de la valorisation de nos métiers de
toute urgence, et cela passe aussi par les salaires", ont déclaré les
syndicats.
Une grève pour septembre
Or, "le chantier est ouvert pour créer des métiers moins qualifiés que
celui d'infirmières", notamment dans les métiers du grand âge, craint
Dominique Lahbib, secrétaire générale de l'Ufmict-CGT.
En contrepartie, "on nous dit "on va vous confier de nouvelles
missions", mais quand, comment ?", s'interroge Philippe Tisserand. Pour
lui, malgré des expérimentations de transfert de tâches entre médecins
et infirmières, "le corps médical ne nous délègue rien du tout".
Les syndicats envisagent une mobilisation, voire une grève, pour septembre.
Nouvel Obs 21 juillet 2008
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