Meurtre à Grenoble : Sarkozy réclame une réforme de l'hospitalisation psychiatrique |
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| Écrit par Le Point | |||||||
| 14-11-2008 | |||||||
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C'est un fait divers pris très au sérieux par le sommet de
l'État. Nicolas Sarkozy a demandé jeudi à Michèle Alliot-Marie, Rachida
Dati, et Roselyne Bachelot de lancer une réforme de l'hospitalisation
psychiatrique, après la mort d'un étudiant poignardé mercredi par un
homme échappé d'un hôpital à Grenoble. Cette réforme devra permettre,
selon un communiqué publié par la présidence, de "mieux encadrer les
sorties des établissements", d'"améliorer la surveillance des patients
susceptibles de représenter un danger pour autrui, dans le cadre
notamment de la création d'un fichier national des hospitalisations
d'office", et de "clarifier le partage des compétences administratives
dans le pilotage de ces dossiers".
Jeudi après-midi, le président avait réuni les
ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé afin de faire
"le point sur les circonstances exactes du meurtre" de l'étudiant, et
d'"examiner toutes les mesures nécessaires pour éviter qu'un tel drame
se reproduise". Lors de cette réunion, Nicolas Sarkozy et ses trois
ministres ont également décidé le lancement d'une enquête de
l'Inspection générale des affaires sociales "qui rendra ses conclusions
dans les soixante-douze heures". "Cette mission aura pour objectif
principal de déterminer les responsabilités de ce drame dans la
perspective de sanctions éventuelles", conclut le communiqué de la
présidence.
La victime, un chercheur de 26 ans dans une
école d'ingénieurs, est morte mercredi soir quelques heures après avoir
été poignardée dans le centre de Grenoble par un homme qui s'était
échappé de l'établissement psychiatrique de Saint-Égrève. Cet hôpital a
annoncé jeudi avoir ouvert une enquête "interne" sur les circonstances
de la sortie du patient, qui a été mis en chambre d'isolement après son
interpellation.
Un schizophrène âgé de 56 ans
Âgé de 56 ans, l'agresseur avait en effet déjà commis trois agressions
du même type dans le passé. Mercredi, il était en promenade dans la
cour de l'hôpital où il disposait d'un accès libre au parc, lorsqu'il a
fugué. Il a ensuite pris un bus pour Grenoble, acheté un couteau et
poignardé l'étudiant en sortant du magasin d'une rue commerçante. Ce
déséquilibré, qui souffrirait de schizophrénie et "entendrait des
voix", n'inquiétait pourtant pas l'hôpital récemment. "Rien, en ce qui
concerne l'équipe médicale, qui a observé ce patient ces derniers
temps, ne laissait présager qu'il allait commettre des actes de la
nature de ceux qui lui sont reprochés aujourd'hui. Dans les derniers
mois, il n'avait pas eu de comportement tel qu'il justifiait d'être
admis en unité pour malade difficile (UMD), a déclaré le directeur de
l'hôpital, Michel Gellion, mercredi soir sur RTL, peu avant le décès de
la victime.
"L'équipe médicale estimait qu'il y avait
nécessité de le réhabiliter dans le sens où il faut le réhabituer à
vivre dans la cité", a-t-il poursuivi, indiquant que mercredi, il
n'avait pas d'autorisation de sortie mais les prochains jours, les
médecins comptaient lui accorder des "sorties d'essai". "La dangerosité
est un critère qui n'est pas facile à prendre en compte par l'équipe
médicale. Il est surtout difficile de mesurer la progressivité de la
guérison que l'on peut espérer", a encore précisé le directeur. Pour l'heure, l'équipe médicale de l'hôpital doit décider si elle demande l'admission du déséquilibré en unité pour malades difficiles ou pas. Le parquet de Grenoble a ainsi pris contact avec les médecins-psychiatres de Saint-Égrève pour vérifier si l'agresseur présumé est en mesure d'être entendu, et a demandé une expertise sur son état mental afin de déterminer s'il peut ou non être jugé.
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