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Mme Bachelot : "Je veux préserver l'hôpital de proximité"

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Écrit par Le Monde   
24-10-2008
Index de l'article
Mme Bachelot : "Je veux préserver l'hôpital de proximité"
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Bernardo :  A combien de kilomètres de chez lui – en moyenne – un Français est-il et sera-t-il hospitalisé ?  

Roselyne Bachelot :  Tout dépend de la sévérité de son opération, de l'intervention ou du traitement qui justifie son hospitalisation. Par exemple, j'ai pris l'engagement qu'aucun Français ne sera à plus de 20 minutes d'un service d'urgence. Et c'est toute la justification de l'hôpital de proximité que je veux préserver. 

RACHID :  En quoi le fait de regrouper des hôpitaux sans qu'aucun ne ferme va-t-il générer des économies ?  

Roselyne Bachelot :  Le but de la création de communautés hospitalières de territoire n'est pas d'abord de générer des économies, mais d'assurer une meilleure qualité des soins. A l'hôpital de proximité, l'urgence, les soins courants, les soins post-aigus, comme la gériatrie, les soins de suite et de réadaptation.  

A l'hôpital de deuxième niveau, les plateaux techniques : on sait que pour assurer une chirurgie de qualité, un service doit mutualiser les compétences d'une centaine de personnes.  

Enfin, le troisième niveau où s'exercent l'enseignement, la recherche, les soins de pointe est en général assuré par les CHU. Mais des mutualisations doivent s'exercer entre ces trois niveaux à travers les futures communautés hospitalières de territoire, systèmes d'information, logistique, personnels.  

Bien entendu, cela pourra générer des économies. Les systèmes d'information, par exemple, permettront de ne pas multiplier les examens et de faire des échanges d'expertise entre les établissements amenés à prendre en charge un malade. 

Si vous êtes opéré sur un plateau technique de pointe et que vous suivez votre réadaptation dans votre hôpital de proximité, les techniques déployées dans la communauté hospitalière de territoire éviteront la répétition d'examens parfois douloureux et d'analyses inutiles et coûteuses. On peut mieux gérer et mieux soigner.  

lionel :  Pourquoi permettre aux médecins, dont la plupart sont riches, le droit de pratiquer des dépassements d'honoraires alors que les classes moyennes sont de plus en plus fauchées ?  

Roselyne Bachelot :  L'autorisation de dépassement d'honoraires est accordée à certains médecins en fonction de qualifications ou de capacités d'expertise. La grande majorité des médecins est en secteur I, là où ils doivent exercer à tarifs de la Sécurité sociale.  

Chaque malade doit avoir accès à l'information qui lui indiquera où trouver au plus près de chez lui un praticien qui exerce au tarif de la Sécurité sociale.  

Dans chaque caisse primaire d'assurance-maladie, cette information est disponible. De plus, les médecins qui pratiquent des dépassements d'honoraires doivent le signaler à leur patientèle dans la salle d'attente. Si l'acte qui comporte un dépassement d'honoraires dépasse 70 euros, il doit faire l'objet d'une information écrite préalable remise au patient et un certain nombre de sanctions sont applicables aux médecins qui ne respectent pas ces obligations.  

Utilisateur7 :  Que pensez-vous de l'exercice privé d'une activite médicale en milieu hospitalier public ?  

Roselyne Bachelot :  Cette possibilité a été autorisée pour certains praticiens hospitaliers universitaires pour garantir l'attractivité de notre hôpital public. Ces médecins peuvent donc consacrer 20 % de leur activité à une activité privée.  

Un récent décret du Conseil d'Etat a indiqué que la redevance qu'ils devaient dans ce cadre à l'hôpital où ils exercent leur activité devait être assise sur les honoraires réellement versés, et non sur le tarif remboursable par la Sécurité sociale. C'est une mesure de justice que je m'attache à faire appliquer.  

Bien entendu, la notion de tact et de mesure doit plus que jamais s'appliquer puisqu'il s'agit d'une activité exercée dans le cadre de l'hôpital public.  

baodai :  La fonction de praticien hospitalier devient de moins en moins attractive (casse du statut, réduction sensible du niveau des retraites, ...). Trouvera-t-on encore dans l'avenir des médecins pour exercer cette fonction et prendre en charge les patients dans un secteur public ?  

Roselyne Bachelot :  Je suis très attachée à la sauvegarde du statut des praticiens hospitaliers. C'est d'ailleurs le sens des propositions que j'ai faites aux quatre organisations représentatives des praticiens hospitaliers pour sauvegarder leur système de retraite.  

Ce système de retraite était menacé de grandes difficultés, et nous avons proposé d'apporter 180 millions d'euros à l'Ircantec pour le préserver au-delà de 2040.  

Certains praticiens hospitaliers souhaiteraient pouvoir bénéficier d'autres modes de rémunération et de statut dans le cadre de l'hôpital public et voir mieux rémunérer certaines prises de responsabilités ou certains modes de participation à la vie de l'hôpital public.  

J'ouvre cette possibilité dans le cadre de la loi "Hôpital, patients, santé, territoire".  

ludovic :  Pouvez-vous nous assurer qu'il n'y aura pas une "fuite" des actes de chirurgie les plus simples vers le privé, le public gardant les actes les plus complexes et les plus onéreux ?  

Roselyne Bachelot :  C'est une vision caricaturale, car la réalité, c'est que le partage entre actes de haute technologie ou difficiles ne se fait pas de cette façon, et bien souvent l'hôpital privé peut exercer des activités de pointe, nous en avons de nombreux exemples.  

Pour autant, dans le cadre du financement à la tarification à l'activité, j'ai souhaité que celle-ci soit modulée selon la sévérité des cas rencontrés. Et lors de la prochaine campagne tarifaire, qui s'ouvrira le 1er mars 2009, les établissements qui accueillent les cas les plus graves verront donc une augmentation de leur financement.  

Il est à signaler que j'introduirai également un coefficient de précarité car il est reconnu que les patients les plus démunis nécessitent une prise en charge plus longue et plus coûteuse.  

cedric44 :  Les personnes atteintes de troubles mentaux pourront-elles être soignées près de chez elle ? De quelle manière comptez-vous organiser la réponse à cette demande ? 



Dernière mise à jour : ( 10-03-2010 )
 
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