Négociations à Bercy sur les conditions de travail
La négociation porte sur les conditions de travail des
fonctionnaires, mais également sur l'emploi des séniors, après la
décision du gouvernement de réduire les effectifs de la fonction
publique.
Mardi 15 juillet voit l'ouverture à Bercy
d'une négociation sur les conditions de travail et l'emploi des seniors
dans la Fonction publique.
Les exigences syndicales sont nombreuses, dans ce secteur, en particulier à l'aune des réductions d'effectifs drastiques.
"Nous allons nous pencher sur les conditions de travail, comme cela a
été fait dans le privé", a indiqué le secrétariat d'Etat à la Fonction
publique, précisant répondre ainsi à "une demande forte des syndicats".
L'ouverture de cette séance devrait permettre de dresser une liste des
thèmes à aborder, ainsi que de décider d'un calendrier. Mais les vraies
négociations devraient commencer en septembre, lorsque le gouvernement
présentera les mesures qu'il souhaite faire adopter pour augmenter le
taux d'emploi des séniors, pour se terminer en décembre.
Santé
La question des conditions de travail surtout sera à l'honneur. Elle
varie d'une Fonction publique à l'autre (territoriale, hospitalière,
d'Etat), notamment dans le domaine de la santé.
La CFTC constate que la médecine du travail est "extrêmement succincte"
dans la Fonction publique d'Etat (ministères) où elle ne couvre que la
moitié des 2,5 millions d'agents.
La création d'instances comme les CHSCT (comités d'hygiène, de sécurité
et des conditions de travail), sur le modèle de ce qui existe dans le
privé, est ainsi "indispensable", selon la confédération.
Des CHSCT ont été mis en place dans les hôpitaux, "où la notion de
risque a été plus rapidement saisie par l'employeur public", mais ne
sont pas chargés des conditions de travail dans la Fonction publique
d'Etat (enseignants, policiers..).
Stress et TMS
Les syndicats demandent également un meilleur suivi de maladies "mal
prises en compte dans l'administration" : stress, risques
psycho-sociaux et troubles musculo-squelettiques (TMS), ces derniers
touchant plus particulièrement les agents de la Fonction publique
hospitalière, de l'Equipement, de l'entretien dans les établissements
scolaires, explique Brigitte Jumel, de la CFTC.
Par ailleurs, certains secteurs sont particulièrement visés par les réductions d'effectifs prévues par le gouvernement.
Au ministère de l'Economie, deux agents sur trois partant à la retraite
n'ont pas été remplacés en 2008 tandis que l'Education a supporté
quasiment la moitié des 22.900 suppressions de postes cette année.
Ce mouvement ne devrait pas s'arrêter là, puisque le ministre du
Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique Eric Woerth a
précisé jeudi que le budget 2009 tablait sur le non-remplacement de
30.000 à 32.000 fonctionnaires.
Nouvel Obs 15 juillet 2008
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