Les réponses apportées suite au drame survenu à Grenoble ne
répondent pas aux attentes des professionnels de la psychiatrie, des
familles et des patients
Le directeur de l’Agence Régionale de l'Hospitalisation (ARH) de
la région Rhône Alpes a reçu le lundi 15 décembre une délégation de 12
personnes représentant :
- la conférence des présidents de CME de Centres Hospitaliers Spécialisés de la région Rhône Alpes,
- l’ADESM (Association des Etablissements participant au service public en Santé Mentale),
- et l’UNAFAM (Union nationale des amis et familles de malades et handicapés psychiques
La rencontre a duré près de 2 heures.
Sur le plan national, la délégation a rappelé que les réponses
apportées après le drame survenu à Grenoble (suspension brutale et
injustifiée du directeur de St Egreve, M. Gellion et discours du
Président de la République à l’hôpital d’Anthony le 2 décembre) ne
répondaient pas aux attentes et à l’émotion ressentie par l’ensemble
des professionnels, des familles et des patients.
Les participants ont rappelé qu'il était « hors de question de réduire
les problèmes de la psychiatrie à des questions sécuritaires et
d'assimiler maladie mentale et dangerosité ». La délégation a demandé
au directeur de l’ARH de transmettre cette réaction à l’échelon
national.
Sur le plan régional, la délégation a rappelé les difficultés
auxquelles sont confrontés les hôpitaux spécialisés et les services de
psychiatrie des hôpitaux généraux :
- demande sociale faite à la psychiatrie de prendre en charge tous les comportements problématiques,
- pénurie des moyens en personnel,
- problèmes de suroccupation des services,
- manque de qualification en psychiatrie de soignants, infirmiers
notamment, qui arrivent maintenant dans les services sans connaissances
théoriques suffisantes ni expérience préalable de la clinique
psychiatrique,
- insuffisance des ressources pour assurer une qualité des locaux
d’hospitalisation, conforme aux attentes des familles et des usagers.
Ceci pose problème non seulement dans la qualité des soins dispensés
mais aussi dans la contenance de la violence. La situation est aggravée
par l’instabilité liée aux mouvements des personnels. Les difficultés
se trouvent ainsi augmentées inexorablement avec, dans certaines unités
de soins, des situations régulières de tension aux limites du gérable
et du supportable pour le personnel comme pour les patients.
L’ARH en réponse « s’est engagée à poursuivre la politique
d’accompagnement des établissements pour compléter la formation en
psychiatrie des infirmiers et autres professionnels sans expérience et
assurer des formations sur la prévention et le traitement des
situations de violence ». Mais le problème de la diminution des
personnels infirmiers reste entier. Et à cela s’ajoute progressivement
celui de la diminution programmée des médecins psychiatres.
Pour ce qui concerne les difficultés financières des établissements, le
directeur de l’ARH M. Bonnet, n’a pu que nous répondre « qu’il
comprenait nos demandes mais qu’il ne pouvait aller au delà de ce qui
avait été attribué comme budget à la région Rhône Alpes ».
Et donc « qu’il ne pouvait qu’accepter notre position que dans ces
conditions nous soyons obligés de réduire nos missions ». Ce qui n’est
satisfaisant pour personne, ce d’autant que nous n’avons pas plus de
réponse quant aux missions qu’il conviendrait de réduire ou de
supprimer.
La conférence des présidents de CME de CHS de la région Rhône Alpes,
l’ADESM et l’UNAFAM se proposent de continuer à travailler ensemble sur
ces questions et de voir quelles conséquences pratiques tirer de cette
situation de fait.
L’une des possibilités pourrait être la réduction du nombre de CMP,
avec comme conséquence l’acceptation de l’allongement des délais
d’attente de consultations.
Et ce, même si la perspective d’une diminution de l’offre de soins est
insupportable pour les familles et pour les professionnels de santé,
qui ne peuvent que difficilement envisager de laisser sans prise en
charge les personnes qui demandent des soins.
Nous nous proposons de solliciter début 2009, une nouvelle rencontre
avec M. Bonnet le directeur de l’ARH, afin de lui faire des
propositions concernant les missions qu’il ne nous semblera plus
possible d’assumer.
Lyon, le 16 décembre 2008
|