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Dans
le cadre des réflexions sur la gouvernance à l'hôpital et en
préparation de la loi "patients, santé, territoire", la ministre a
demandé début juin au Pr Vallancien, professeur d'urologie et chef de
service à l'Institut mutualiste Montsouris (IMM, Paris), d'analyser la
place et le rôle des nouvelles instances proposées par le rapport
Larcher (directoire, conseil de surveillance) dans le cadre de la
communauté hospitalière de territoire (CHT).
Constatant qu'en
2008, l'hôpital "est administré mais toujours pas gouverné", Guy
Vallancien propose un organigramme ayant pour objectif de "faire vivre
les instances clefs d'une gouvernance moderne de la communauté
hospitalière de territoire" en vue d'améliorer de façon permanente les
soins offerts aux malades.
Il envisage des CHT de quatre à 10
établissements, représentant entre 7.000 et 20.000 employés pour des
bassins de population de 200.000 à 400.000 habitants.
Son
organigramme se fonde sur une Agence régionale de santé (ARS) qui
définit les grandes priorités sanitaires régionales et dispose d'un
comité exécutif qui nomme les membres du conseil de surveillance (CS)
de la CHT.
DISPARITION DU CONSEIL D'ADMINISTRATION DE CHAQUE ETABLISSEMENT
Le
conseil de surveillance de la CHT "comprend un maximum de 12 membres
pour une durée de 4 ans", indique Guy Vallancien. "Il est composé de
deux élus du territoire de santé, de deux médecins des établissements
de soins, dont le président de la Commission médicale des
établissements du territoire (le doyen pour un CHU est membre
d'office), d'un représentant du personnel non médical, de deux
administrateurs des établissements, d'un membre de la caisse
d'assurance maladie, de deux personnalités qualifiées et d'un
représentant des usagers".
"Son président est élu parmi ses membres sans exclusive", ajoute l'auteur.
Le conseil de surveillance nomme le directeur qui prend la présidence du directoire de la CHT.
Le
directoire serait formé de 5 à 7 membres, dont deux directeurs, un
directeur médical proposé par la CME de territoire, un à deux médecins
proposés par la CME exerçant dans des hôpitaux différents.
"La
liste est validée par le CS. Toute personne ayant un mandat électif ne
peut faire partie du directoire sauf à démissionner de sa fonction
représentative", précise Guy Vallancien, en excluant ainsi la présence
du président de la CME.
"Le directoire impulsera la politique
de la communauté hospitalière et évaluera les résultats des actions
engagées". "Il aura autorité sur la totalité des personnels de la
communauté d'établissements, administrateurs et médecins y compris".
Le CS validera le projet du directoire et contrôlera ses comptes. Il pourra le dissoudre à tout moment, suggère Guy Vallancien.
Le
directoire s'appuiera sur les conseils exécutifs qui resteront en place
dans chaque établissement, alors que le conseil d'administration de
chaque établissement disparaît.
UNE CME DE TERRITOIRE
Les
conseils exécutifs, réunis en un Comité exécutif des établissements
(CCE), et la CME qui regrouperait les présidents des Comités
consultatifs médicaux (CCM) de chaque hôpital, travailleront en
permanence avec le directoire.
La CME du territoire "aura en charge le projet médical, la qualité de soins et l'éthique de production".
Le
directoire évaluera sur la base d'indicateurs reconnus par tous et
facilement analysables la production de soins des établissements. Pour
ce faire, il engagera les fonds nécessaires pour équiper les
établissements en moyens informatiques suffisants, indique Guy
Vallancien.
De nouveaux statuts des personnels médicaux
seront proposés, basés sur la notion de "contrat global d'exercice"
valables sur le territoire de la communauté hospitalière dont une
partie sera rémunérée à l'activité et à sa qualité. Un plan de carrière
évolutif sera négocié par contrat tous les 3 ans entre le médecin
hospitalier et sa direction.
Guy Vallancien précise qu'il
encourage "fortement" la création d'un Comité d'entreprise (CE) des
établissements de la communauté hospitalière.
Il estime
également que le statut d'hôpital privé à but non lucratif affilié au
secteur public pour exercer les missions d'intérêt général sur le
territoire de santé et la création d'un Réseau hospitalier de France
(RHF) qui deviendrait propriétaire des immeubles hospitaliers, "sont
des propositions à analyser sans parti pris".
A la fin de son rapport, le Pr Vallancien donne de la liste de la centaine de personnes qu'il a auditionnées.
Il
est à noter qu'aucun responsable des syndicats de directeurs d'hôpitaux
ou de la Fédération hospitalière de France (FHF) ne figure dans cette
liste, plusieurs des représentants de ces organisations ayant indiqué
qu'ils refuseraient de répondre à cette mission d'un médecin du secteur
privé./san/ajr
* Réflexions et propositions sur la gouvernance hospitalière et le poste de président de directoire, Guy Vallancien, 41 pages.
APM 11 juillet 2008
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