Taxer les mutuelles pour financer la Sécu
Un plan pour lutter contre le déficit de l'assurance maladie a été
présenté hier.Les complémentaires de santé devront payer un milliard
d'euros.
Redresser les comptes de la branche maladie de la Sécurité sociale,
c'est l'éternelle équation que tentent de résoudre, les uns après les
autres, tous les gouvernements. Roselyne Bachelot, ministre de la
Santé, et Eric Woerth, au Budget, ont présenté, hier, une nouvelle
batterie de mesures visant à dégager près de quatre milliards d'euros
d'économies. Objectif : ramener le déficit de l'assurance maladie, qui
devrait être de 4,1 milliards d'euros cette année, à moins de trois
milliards en 2009, avant d'atteindre l'équilibre en 2011.
L'annonce
principale porte sur les organismes complémentaires de santé
(assurances privées, mutuelles et institutions de prévoyance) qui vont
être taxés, dès le 1er janvier 2009, à hauteur d'un milliard d'euros sur leur chiffre d'affaires. Selon Roselyne Bachelot, « le vieillissement de la population engendre un transfert de charges d'au moins 600 millions d'euros par an des organismes complémentaires vers l'assurance maladie ». Le dispositif envisagé vise à corriger ce « déséquilibre ».
« Forfait social »
La
ministre de la Santé pointe du doigt les marges des mutuelles et estime
qu'elles ne seront pas obligées de répercuter cette taxe sur leurs
tarifs. Un point qui est loin de faire consensus (lire ci-dessous) et
qui devrait probablement se traduire, à terme, par une hausse au
détriment des adhérents. Dans le même temps, les mutuelles seront
davantage « associées » à la « gestion »
de la Sécurité sociale. L'Association française des diabétiques et le
CISS, qui regroupe une trentaine d'associations de malades, y voient « un début de privatisation du système de santé ». Le Parti socialiste a, quant à lui, dénoncé « l'austérité dans l'injustice ».
Deux autres mesures sont annoncées pour augmenter les recettes. D'une part, la branche « accidents du travail »
reversera 410 millions d'euros pas an à la branche maladie. D'autre
part, le gouvernement veut faire la chasse aux niches fiscales, ces
revenus extra-salariaux, non soumis à cotisation. Un nouveau « forfait social » sera mis en place sur la participation et l'intéressement dans les entreprises via une contribution patronale qui devrait rapporter 300 millions d'euros annuels.
Du
côté des économies, l'assurance-maladie devrait récupérer 400 millions
d'euros d'intérêts qu'elle paye actuellement au titre des déficits
cumulés qui seront transformés en « dette sociale ».
Celle-ci sera ensuite amortie par la Caisse d'amortissement de la dette
sociale. Le renforcement du parcours de soins, la baisse du prix des
médicaments et l'amélioration de l'organisation des hôpitaux devraient
également rapporter 1,6 milliard d'euros. Le déremboursement des
patients atteints d'affection de longue durée, un temps envisagé, n'a
finalement pas été retenu. Ces mesures seront reprises dans le projet
de loi de financement de la Sécurité sociale qui sera présenté le
29 septembre et débattu ensuite au Parlement.
Ouest France 30 juillet 2008
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