Une infirmière toxico à la morphine |
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| Écrit par la Voix du Nord | |||||||
| 30-08-2008 | |||||||
Une infirmière toxico à la morphineÉtonnant dossier sur lequel s'est penché le tribunal correctionnel lorsqu'il a entendu une infirmière se droguant à la morphine (1). Pour la prévenue, c'est la conséquence d'agressions sexuelles subies alors qu'elle était enfant et d'une vie conjugale qui s'effrite.
Dossier peu ordinaire donc mais aussi complexe où suintent l'alcool et la drogue. Une infirmière profitait de son métier pour, par le biais d'ordonnance volée à des médecins ou en les falsifiant, se procurer de la morphine. Qu'elle consommait à dose importante. Selon les comptes de la sécurité sociale - qui chacun le sait sont souvent alarmistes -, il y aurait eu 47 délivrances. Un calcul, qui ramenait sur la période du délit, représenterait une consommation journalière de 12 ampoules ! Le casier judiciaire de la prévenue comporte des conduites en état d'ébriété et un délit de fuite. Ce qui n'aide pas lorsqu'on passe une nouvelle fois à la barre, d'autant que les faits qui lui sont reprochés se sont passés en deux étapes. Une première fois, elle est convoquée au commissariat et assure qu'on ne la reprendrait plus. « Mais à peine sortie, elle recommence », déclare le procureur de la République. C'est une pharmacienne de la région lensoise qui, intriguée par une ordonnance donne l'alerte. À la barre, la femme pleure et éprouve d'énormes difficultés à expliquer ses gestes. Son avocat, Me Guilbert-Fruleux l'assiste mais les déclarations sont décousues, entre deux sanglots. Elle explique cette dépendance par la douleur psychologique qui la tenaille depuis des années en faisant référence à des agressions sexuelles subies alors qu'elle était enfant par un membre de sa famille. « J'ai bien entendu ce qu'elle a voulu nous dire. Il y a un contexte lourd mais je ne veux pas qu'il serve d'absolution », estime le procureur. Et de déclarer « Nous n'avons pas face à nous une personne défavorisée (...) elle doit être capable d'aller vers les autres et de parler ». Et de requérir six mois de prison avec sursis et deux ans d'interdiction d'exercer son métier. Interdiction d'exercer« Le parquet est dur. Trop dur », répondait Me Guilbert-Fruleux. « Si les gens qui viennent à la barre ne peuvent plus s'expliquer alors que l'on rend justice par procuration », s'emportait-il. L'avocat revenait sur le parcours et la situation conjugale difficile, teintée de violence, de sa cliente. « Parce qu'on est infirmière, on devrait mieux supporter la douleur ? Parce qu'on est magistrat, ce serait plus facile de divorcer ? Lorsqu'une caissière vole, est-ce qu'on lui empêche d'exercer son métier ? », déclarait-il avec conviction. « Lorsqu'on est dans la profession médicale, on ne se donne pas toujours le droit d'être malade », assurait-t-il. Et de mettre en garde le tribunal sur l'effet double peine que pourrait produire une interdiction d'exercer, « de la couper de ce lien social ». « Être trop sévère avec ma cliente ne servira pas la société », précisait M e Guilbert-Fruleux. Il demandait aussi au tribunal de renvoyer à une autre audience la demande de remboursement des médicaments produite par la CPAM, qui à ses yeux n'était ni justifiée ni expliquée. Sur ce dernier point, les juges ont entendu l'avocat en renvoyant cette partie du dossier au 5 septembre. En revanche, ils ont suivi les réquisitions du parquet. • D. C. la Voix du Nord 28 août 2008
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