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VAE Infirmière

Cadre législatif :
Loi no 2002-73 du 17 janvier 2002 de modernisation sociale .

Décret no 2002-615 du 26 avril 2002 pris pour l’application de l’article 900-1 du code du travail et des articles L. 335-5 et L. 335-6 du code de l’éducation relatif à la validation des acquis de l’expérience pour la délivrance d’une certification professionnelle.

La loi sur la modernisation sociale prévoit que :
« Les diplômes ou les titres à finalité professionnelle sont obtenus par les voies scolaire et universitaire, par l’apprentissage, par la formation professionnelle continue ou, en tout ou en partie, par la validation des acquis de l’expérience ». « La validation des acquis produit les mêmes effets que les autres modes de contrôle des connaissances et aptitudes… « La validation est effectuée par un jury… « Le jury peut attribuer la totalité du diplôme ou du titre… « Le jury se prononce au vu d’un dossier constitué par le candidat…

Si la pensée philosophique qui induit cette loi est louable et emprunte d’un désir de permettre l’évolution sociale, au travers de la validation des

acquis de l’expérience, pour toute personne n’ayant pas eu la possibilité de suivre un parcours classique d’étude, il n’en demeure pas moins que dans son application par certains décrets, elle supprime à la profession d’infirmière diplômée d’état, la possibilité de voir un jour sa formation initiale intégrer l’enseignement supérieur et s’émanciper au travers de la recherche en soins infirmiers, par exemple, comme nous le définit l’article 1er du Décret n°2002-615 du 26 avril 2002. « La validation des acquis de l’expérience est mise en oeuvre dans les conditions définies par le présent décret pour la délivrance de l’ensemble des diplômes et titres à finalité professionnelle et des certificats de qualification, à l’exception des diplômes et des titres de l’enseignement supérieur délivrés par les établissements d’enseignement supérieur mentionnés à l’article L. 613-3 du code de l’éducation ». C’est pourtant depuis plus de 20 ans une revendication de la profession.

Par ailleurs, et dans un contexte social (papy boom) et sanitaire (pénurie de personnel médical et infirmier) difficile, la solution d’ouvrir notre profession à la VAE

(Validation des Acquis de l’Expérience) pourrait être utilisée par les politiques comme « roue de secours ». Résoudre un contexte social et sanitaire critique serait le bienvenu pour le gouvernement en prétextant l’évolution sociale ! Certifier par la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) Infirmière, un nombre suffisamment important de personne en un minimum de temps, avec un coût probablement minime pour s’occuper d’un maximum de citoyens, est peut-être le challenge politique des responsables de la santé dans notre pays et sûrement un challenge social pour les partenaires dit « représentatifs ».

Derrière cette vue peut-être réaliste, se cache une autre réalité :

La qualité de prise en charge que nous voulons pour les usagers qui fréquentent notre système de santé. L’infirmière est au cœur de cette prise en charge, elle est garante de la qualité, le pivot de l’organisation des soins. Ses compétences font appels à un apprentissage technique de haute qualité, à une organisation précise et sans faille, à la réflexion mature et mesurée  qui sera nécessaire dans l’élaboration du parcours de soins de l’usager. Ses responsabilités sont réelles car elles ont en charge le parcours de soins d’Etres Humains. Doit-on assurer une formation initiale de qualité à la filière infirmière avec un parcours d’études alliant, pratique pour acquérir les techniques, théorie pour acquérir le savoir et accès à la recherche pour développer les savoirs ; ou doit-on  prôner l’urgence de la pénurie et y pallier par des moyens efficaces en terme de quantité mais sûrement au détriment de la qualité ?

Le coût sera le seul déterminant :

• Diplômer par une formation initiale infirmière de qualité au coût certainement élevé rendra la profession attractive au jeune génération mais permettra aussi son émancipation sans oublier une véritable reconnaissance professionnelle. • Valider par un coût certainement plus bas des acquis de l’expérience qui n’auront comme garde fou que la certification d’un jury « plus ou moins averti » dans un contexte social très demandeur.

Ce sera un choix de politique de santé pour la France !

Josepha GUARINOS
Infirmière au CHG Aix-en-Provence, Vice-Présidente CNI (Coordination Nationale Infirmière)

Article paru dans le n° 25 (juin 2007) de la revue de la Coordination Nationale Infirmière (CNI)

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