201006041245 | Retraite des infirmières et infirmiers : le Sénat adopte le « deal » de la Ministre de la Santé ! | Actualités

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Retraite des infirmières et infirmiers : le Sénat adopte le « deal » de la Ministre de la Santé ! Après l’Assemblée Nationale, le Sénat vient d’adopter le très controversé article 30 qui entérine l’odieux chantage ministériel : « une augmentation contre un report de cinq années pour l’ouverture des droits à la retraite ».

De nombreux sénateurs ont brillé par leur absence, cautionnant par leur silence le paradoxe de valider au sein du texte relatif à la rénovation du dialogue social un accord signé par une seule des huit organisations représentatives de la Fonction Publique Hospitalière. …

Les sénateurs de l’opposition ont alimenté le débat sur le fameux passage de l’article 30 incluant le report de l’âge de la retraite de notre profession. Tous les amendements proposés par leurs bancs ont été rejetés : Interpellée par les sénateurs, Mme Bachelot travesti les chiffres « de la vérité » pour faire passer en force sa réforme de retraite des infirmiers.

Alors que les revalorisations annoncées sous forme de treizième mois ne concernent que les débuts et fins de carrière, Mme Bachelot persiste et annonce à l’assemblée sénatoriale que chaque infirmière optant pour la catégorie A touchera l’équivalent d’un treizième mois !

Des chiffres circulent : seulement 13% des infirmières porteraient des charges lourdes… !

60% des infirmiers interrogés se disent satisfaits de la réforme LMD… !

Mais Mme Bachelot oublie de dire que ces infirmiers sont trahis par les dispositions retenues incluant le report de l’âge de la retraite et que là le taux de satisfaction est égal à zéro.

Des affirmations ministérielles circulent : « le travail de nuit est un choix et apporte un confort de vie inégalé.»  « Il faut tordre le cou à ce canard qui vole…. Non le travail infirmier n’est plus pénible ! »

Campée sur ses positions, Madame Bachelot égrène les joies du travail de nuit : « Le travail de nuit, quant à lui, est choisi : personne n’est obligé de travailler de nuit. D’ailleurs, lorsqu’ils sont interrogés, les infirmiers, majoritairement, disent apprécier ce travail de nuit…. De plus, je rappelle que le travail de nuit en milieu hospitalier a pour conséquence de diminuer de trois heures la durée de travail hebdomadaire de trente-cinq heures, et suscite un certain nombre de primes, de suppléments de rémunération qui ne sont pas négligeables… ».

Au travers de ses propos, notre ministre témoigne avant tout de sa méconnaissance des réalités quotidiennes.

En effet, les organisations de nuit alternent la plupart de temps, une grande semaine de 50 heures et une petite semaine de 20 heures, et si le plus souvent ce temps de travail est choisi, il arrive de plus en plus que cela soit imposé dans des rythme de travail en alternance jour / nuit.

Madame Bachelot souligne sans complexe  qu’à cet exercice de nuit idyllique vient s’ajouter une prime : « Une infirmière travaillant de nuit perçoit ainsi 200 euros brut en moyenne, pour une nuit de 10 heures. À cette somme viennent s’ajouter l’indemnité pour travail normal de nuit et sa majoration pour travail intensif ».

La prime de nuit est de 1.06 € brut de l’heure, en considérant des nuits de 10 heures et une moyenne de 15 nuits par mois pour un temps plein, nous arrivons à environ 159 € brut par mois, bien éloigné de ces « 200 € brut pour une nuit de 10 heures » ?

Erreur de calcul ou encore un effet d’annonce ?

Voilà donc la teneur des propos qui ont scandalisés les représentants CNI présents au sénat les 31 mai et 1 juin dernier. Le président Nicolas Sarkozy déclarait en 2007 qu’il était incontestable et qu’il était nécessaire de nous revaloriser…

Les faits sont là : les infirmiers devront choisir entre quelques miettes et conserver leur statut actuel ou une augmentation qui ne reconnait pas nos compétences et nos responsabilités avec une ouverture de droits à la retraite à 60 ans.

Proposition historique ! Nous allons autofinancer notre revalorisation à hauteur de 90%. Le droit d’option, période de choix qui durera six mois débutera à compter de la parution du décret annoncé pour août 2010. La Coordination Nationale Infirmière engage les professionnels à ne pas se précipiter vers une réponse mais plutôt à attendre la fin des négociations retraite (fin novembre) qui impacteront de fait les calculs de pension. Ce choix sera rétroactif mais irréversible… Reste à savoir si ce déni supplémentaire de nos compétences et de nos responsabilités amplifiera ou non la pénurie infirmière qui croît dans les établissements publics….

La Coordination Nationale Infirmière invite les professionnels à s’informer.

www.coordination-nationale-infirmiere.org

Nathalie DEPOIRE Présidente Contact presse : présidence 06 64 41 78 65 Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

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