Hopital de Chattellerault : Infirmieres en greve à cause des conditions de travail dégradées

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Cent cinquante personnes étaient rassemblées, hier après-midi, dans le hall de Camille-Guérin. – (dr)

Le symbole est fort. Un syndicaliste interroge la petite foule des blouses blanches : « Ceux qui n’ont jamais été rappelés au travail un jour de repos, levez la main ! ». Aucune des 150 personnes massées dans le hall de Camille-Guérin ne manifeste le moindre signe.
La grogne est vive au centre hospitalier où un appel à la grève était lancé hier. Les syndicats annoncent une participation de l’ordre « de 80 à 90 % » dans les services. Le personnel conteste les dernières mesures envisagées par la direction, sous prétexte qu’elles ne font que dégrader leurs conditions de travail (voir notre édition de mercredi). En vrac : un délai de carence imposé de 5 jours avant tout remplacement d’une absence, l’impossibilité que plus d’un quart du personnel parte en congés simultanément, la crainte qui pèse sur les RTT…

” Dans les services les gens fatiguent ”

 

« On travaille dans des services où on est déjà à moins une personne, assure Philippe Lafa, représentant de la section FO à l’hôpital. On nous parle de qualité de soins mais comment faire le boulot quand on est en sous-effectif ? »

« Franchement, on fonce dans le mur !, lance pour sa part Florence Bois, représentante locale de la Coordination nationale des infirmières (CNI). On travaille en réduit. L’activité est en perpétuel développement mais envisager une fermeture de lits, ça, on ne l’entend pas ! On est rappelé sur des repos. Dans les services, les gens fatiguent ! »
Sa collègue de la CNI, Hélène Polisset, dénonce, elle, les effets de la nouvelle gestion des congés : « Pour l’été, le cadre nous dit de prendre deux semaines au lieu des trois habituelles. C’est pourtant le seul moment de l’année où on peut être en famille ! »
Voilà pour le fond. Sur la forme, les organisations syndicales dénoncent aussi la méthode. « La direction veut faire passer ses mesures en force », affirme David Rigault de FO. « Il n’y a aucun dialogue. C’est de l’autoritarisme ! », commente de son côté Dominique Gougeon de la CGT. Classique.
L’action d’hier aura en tout cas une suite. Un appel est lancé pour mardi prochain avec un rassemblement à 14 h alors que se déroulera un « CTE », le comité technique d’établissement. Les syndicats veulent des réponses.

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J.-Cl. Coquema : ” La porte est ouverte ”

Interrogé hier en fin d’après-midi, le directeur de l’hôpital Jean-Claude Coquema a indiqué « prendre acte » du rassemblement avec 150 grévistes dans le hall de l’hôpital. « Je veux que les syndicats sachent que la porte est ouverte pour des discussions », a par ailleurs souligné le directeur. Le même semble juger démesurée la tournure prise par la contestation, appelant les organisations syndicales à « la responsabilité ».

Sur la question des congés d’été par exemple, Jean-Claude Coquema estime qu’il y a un « une incompréhension qui est entretenue » : « L’idée, cela reste de garantir la sécurité des soins […] Sur 12 semaines de congés, le quart d’absence est en gros respecté », assure-t-il.

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