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Rentrée des classes: la lassitude des infirmières

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Écrit par l'express   
11-09-2008

Rentrée des classes: la lassitude des infirmières

Des petits tracas du quotidien aux angoisses de l'adolescence, au coeur de l'institution scolaire, l'infirmière veille. La pénurie de professionnelles dont souffre l'Education nationale nuit aux conditions de travail et à la bonne prise en charge de la santé des élèves. 

Entre les cartables flambants neufs, la semaine de quatre jours et les nouveaux programmes,  Patricia Braive, comme les 7000  infirmières scolaires de France, retrouve, elle-aussi, le chemin de l'école. Ou plutôt la route des écoles. En tant que "poste mixte", elle partage son temps de travail entre plusieurs établissements. Treize en tout. Le collège Jean Moulin à Saint-Michel sur Orge (Essonne) et les douze écoles, primaires ou maternelles, qui lui sont rattachées. Soit près de 2500 enfants et adolescents.

Ambitieux dans de telles conditions de prétendre pouvoir suivre correctement l'intégralité de ces élèves. Pourtant, la mission de l'infirmière scolaire ne se limite pas aux chutes dans la cour de récréation, aux nez qui coulent et aux bagarres, rappelle Patricia Braive. "Nous sommes là pour permettre à l'élève d'être en bonne santé, physiquement et psychologiquement, condition essentielle de la réussite scolaire."

La durée moyenne des carrières ne dépasse pas douze ans

Migraines ou maux de ventre à répétition: des bobos en apparence bénins, derrière lesquels peut se cacher un malaise. Une relation conflictuelle avec un professeur, des troubles familiaux, une plongée dans la drogue ou la dépression.  "C'est notre rôle d'écouter, de faire émerger la difficulté, qu'elle soit passagère ou profonde." L'installation d'une relation de confiance, nécessaire au dialogue avec l'enfant, est rendue difficile par les perpétuels déplacements qui incombent aux postes mixtes. "Quand un élève se met à parler le lundi, difficile d'organiser un suivi en sachant qu'on ne le reverra pas avant la semaine suivante," regrette Patricia Braive. En collaboration avec l'équipe pédagogique, sans toutefois être associée dans les esprits à l'autorité scolaire, l'infirmière est souvent l'adulte auquel il est le plus facile de se confier. "Notre présence dans chaque établissement est une vraie demande des élèves."

Pour que chaque collège dispose d'une infirmière scolaire, François Fillon, s'était engagé en 2004 à créer 1500 postes sur 5 ans alors qu'il était ministre de l'Education. "Sur le papier il a tenu ses promesses, observe Christian Allemand, secrétaire général du Snics, syndicat majoritaire des infirmières scolaires. Chaque rentrée, les budgets sont alloués, mais physiquement, les postes ne sont pas là." Rien que sur l'académie de Versailles, 25 postes d'infirmières sont vacants souligne Patricia Braive. Sans compter tous les établissements qui ne disposent pas de poste à pourvoir. En théorie, il devrait y avoir une infirmière pour 500 élèves. "Ce genre de calcul mathématique ne signifie rien, rappelle Christian Allemand. C'est un service public. Les élèves des petites structures ou ceux qui sont en milieu rural ont aussi droit aux soins infirmiers."

Preuve de la lassitude qui gagne la profession: la durée moyenne des carrières ne dépasse pas douze ans. "Nos responsabilités sont lourdes, rappelle Patricia Braive. Et nos emplois du temps ne nous permettent plus de faire du relationnel. L'éparpillement entre plusieurs établissements se fait au détriment de l'humain. Il y a une vraie frustration." Pour pallier ce qui est considéré comme un manque de reconnaissance sociale, le Snics veut voir le diplôme d'état d'infirmière (en trois et demi) intégré au système LMD et une réévaluation du classement au sein de la fonction publique. En passant de la catégorie B à la catégorie A,  les infirmières espèrent voir leurs salaires revalorisés.A ce mot, Patricia Braive sourit. En bas de sa fiche de paie: 2346 euros brut par mois. "Dans trois ans, j'aurais 48 ans et plus aucune possibilité de progresser jusqu'à ma retraite. J'en suis au cinquième échelon et il n'y en a que six." 

L'Express 10 septembre 2008

 

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