Coordination Nationale Infirmière – CNI infirmiere infirmier syndicat professionnel – Classement des hôpitaux 2008 : le CHRU de Lille à la première place

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Premier de la classe, tout simplement. Dans le palmarès 2008 des hôpitaux établi par « Le Point », le CHRU décroche la première place (ex aequo avec le CHU de Toulouse). Une bonne nouvelle pour l’établissement lillois et la région. Le professeur Alain Destée, président de la commission médicale de l’établissement, réagit.

– Quelle est votre première réaction à ce classement ?

« Nous sommes très satisfaits. C’est une reconnaissance du travail et des efforts accomplis par l’établissement et tous ses salariés. Ils nous permettent de maintenir une prise en charge de qualité – et reconnue. »

– Vous obtenez plusieurs premières places dans le classement (AVC, hernies de l’abdomen, estomac et oesophage)… Qu’est-ce que cela traduit pour vous ?

« Une prise en charge optimale par la communauté médicale, sachant que l’activité est bien jugée sur les plans qualitatif et quantitatif. Il y a longtemps qu’un travail sur la prise en charge est mené. Ainsi par exemple, dans le domaine des accidents vasculaires cérébraux (AVC), depuis longtemps, avant les autres, le CHRU a prévu un neurologue en permanence. Un gros travail, malgré les difficultés que l’on connaît, notamment financières. »

– C’est-à-dire… « La situation est un peu particulière dans l’hospitalisation publique, notamment les CHU, avec un mode de financement pas adapté aux besoins.

Nous avons des difficultés à atteindre l’équilibre. Cela s’explique aisément… Depuis la mise en place de la tarification à l’activité, le prix des opérations est calculé sur la base de tarifs moyens. C’est-à-dire que le prix est le même partout, mais sans que soit reconnu le fait que les CHRU accueillent des cas plus lourds et aient d’autres missions. »

– Que réclamez-vous ?

« En fait, que soient reconnus par le ministère de la Santé des coûts de fonctionnement que d’autres n’ont pas… C’est vrai notamment pour la permanence des soins (pour une population de 4 millions d’habitants) et la précarité, des charges qui devraient être prises en compte, et en quelque sorte “sorties” des tarifs actuels… Nous réclamons tout simplement plus de justice. »

– Malgré tout, financièrement, les choses vont mieux…

« C’est vrai. Nous sommes passés d’un déficit de 39 milllions en 2004 à 15 millions en 2007. Nous nous améliorons. Notre plan de développement de l’activité doit permettre un équilibre budgétaire en 2010. »

– Cela pourrait-il se faire au détriment de votre développement et des habitants ?

« Non, on mise sur un développement de nouvelles activités de l’ordre de 1 %. Avec un certain travail de réorganisation interne. Ainsi, nous allons poursuivre notre travail sur l’accueil (la disponibilité des lits, avec des séjours moins longs) ; sur une plus grande accessibilité aux plateaux d’imagerie ; sur l’ouverture de lits de surveillance continue (en aval de la réanimation). À noter que nous venons aussi de créer une unité de pathologie infectieuse. Mais il faut rappeler que nous ne développons pas notre activité dans un but commercial mais pour répondre aux besoins de soins. Et dans la région, certains d’entre eux ne sont pas satisfaits. »

– Comptez-vous poursuivre votre travail sur la plupart des pathologies, ou en laisser tomber certaines ?

« Nous allons poursuivre nos efforts sur toutes les pathologies. C’est normal. Le CHRU de Lille est l’hôpital de recours de toute la région. »

La Voix du Nord 29 août 2008